LE CRABE-PHARE A LA CONQUETE DE L’OUEST

 

Le 23 juillet dernier, 4 jeunes diplômés de Supinfocom Rubika s’envolaient vers Los Angeles afin d’y recevoir, 2 jours plus tard, le Prix du meilleur film étudiant du Siggraph, attribué à leur film de fin d’étude : le Crabe-Phare – l’histoire d’un crustacé légendaire qui capture les bateaux des marins égarés pour les ajouter à sa collection*.

Une nouvelle récompense pour ce film déjà souvent sélectionné (Annecy, TAAFI, Anima, Monstra, ITFS, Animafest, Plein la Bobine, Stars of Students, Insomnia…)  et primé (Anim !arte, Paris Courts Devant, Panananim, Poitiers Environmental Festival, Effets Star Montpellier….

Gaétan Borde, auteur réalisateur du Crabe Phare, revient sur son parcours.

 

Dans quelles circonstances le Crabe-Phare a-t-il vu le jour ?

 

bordeA Supinfocom, les étudiants doivent réaliser un film de 5’ comme projet de fin d’études. Dès le début de la 4ème année, chaque étudiant présente une idée de film à la classe et aux professeurs. Les scénarios sélectionnés (environ la moitié) sont ensuite travaillés pendant quelques mois, avant une nouvelle sélection qui ne retient que 5 à 6 projets. Les élèves vont émettre des vœux pour travailler sur tel ou tel projet à partir desquels, en fonction également des besoins techniques, les professeurs vont former des équipes.

J’avais eu l’idée originale pour le Crabe-Phare : 4 autres étudiants ont composé avec moi l’équipe finale : Benjamin Lebourgeois, Claire Vandermeersh, Alexandre Veaux et Mengjing Yang.

 

Comment avez vous appris votre sélection au Siggraph et quelle a été votre 1ere réaction ?

borde02C’est la société Autour de Minuit qui est partenaire de Supinfocom Rubika pour la diffusion des films de l’école qui avait proposé le film au Siggraph… et contrairement à la majorité des festivals, le Siggraph nous avait prévenus très à l’avance que nous avions le prix. Avec la consigne de ne rien dévoiler ! Nous étions évidemment tous très contents de cette récompense mais comme nous n’avions pas le droit d’en parler, c’était une joie « intérieure » !

Obtenir ce prix représentait une véritable validation de notre travail à un niveau international. C’est rassurant car après avoir travaillé presque 2 ans sur ce film, plus je le visionnais et plus je voyais ses défauts, toutes ces petites choses que j’aurais pu mieux faire si j’en avais eu le temps…

 

Cette récompense a-t-elle déjà des retombées pour vous ?

 

Tous les gens avec qui je travaille actuellement sont venus me féliciter et c’est vrai que c’est réconfortant. C’est vrai aussi que depuis que j’ai reçu ce prix, les gens me contactent un peu plus. C’est agréable ! Aujourd’hui ce film est terminé. Et heureusement qu’une société s’occupe de le diffuser parce que personnellement, je regarde surtout l’avenir.borde03

Actuellement je suis rigger chez Nexus à Londres – un poste « technique » qui fait qu’il n’y a pas (encore) de retombées directes. Mais peut-être que je pourrais surfer sur cette réussite pour envisager un projet plus personnel. Le prix donne une confiance en soi qui permet d’envisager de retenter un projet.  Le Siggraph étant un événement professionnel spécialisé dans la 3D : la validation technique que représente une de ses récompenses est très rassurante. C’est une vraie valeur ajoutée d’un point de vue purement professionnel.

Mais pour être sincère, je ne me sens pas réellement au-dessus de mes camarades de promotion dont les films d’études sont également très bons.

 

Comment avez vous vécu vos années d’études à Supinfocom Rubika ?

borde04Personnellement, je suis rentré directement après le bac à Supinfocom Rubika. Habitant en Picardie, intégrer une école implantée à Valenciennes était assez pratique. Mais ce n’est pas cette logique géographique qui a guidé mon choix. En entrant au lycée, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire ! C’est en me rendant aux journées portes ouvertes de l’école que j’ai vraiment compris que des études en animation me permettraient d’allier mes capacités dans les matières scientifiques et mon goût pour le dessin. En animation, contrairement à d’autres arts appliqués, je pouvais raconter des histoires en faisant des films. La « patte » graphique affichée par Supinfociom Rubika, notamment dans le film Yankee Gal, a fini de me convaincre.

Pendant les 2 premières années, nous avions assez peu d’enseignement 3D. Les cours étaient principalement axés sur le graphisme et la vidéo. J’ai vraiment commencé la 3D en 3ème année, avec des sujets assez techniques. En 4éme année, chaque étudiant devait réaliser un film d’1 minute. C’est ce qui permet d’arriver en 5eme année avec une expérience sur tous les postes.  C’est à ce moment-là que chacun apprend à tout faire sur un film … et également à déterminer sa spécialisation et donc son rôle possible dans le film de fin d’étude.  Ma vocation du rigging est venue autant sur le film de 4eme que de 5eme année.

 

Et en sortant de l’école ?

 J’ai tout de suite trouvé ce poste en free lance à Londres. Cela fait quasiment 1 an que je travaille pour Nexus. C’est mon expérience sur le logiciel 3DS Max qui les a intéressés dans mon profil. L’Angleterre s’est imposée assez naturellement. C’est là que j’ai eu les meilleures opportunités de travail. Un étudiant de ma promotion avait déjà fait un stage dans cette société et en était revenu enthousiasmé. Cela avait achevé de me convaincre. Et effectivement, je m’y sens très bien !  L’Angleterre offre cet avantage de proximité avec la France qui me permet de rentrer chez moi fréquemment si j’en ai envie.

Pour l’instant je n’ai pas réellement de plan de carrière en tête. Je reste ouvert aux opportunités. Avec aussi en tête cette envie de développer de nouveau un projet personnel.

 

Quels conseils donneriez vous aux étudiants des promos qui vous suivent ?

Je ne me sens pas vraiment légitime pour donner des conseils ! Ce que je dirais en revanche aux étudiants qui veulent se lancer dans l’animation c’est de vraiment bien choisir son école. Ce choix est très important car déterminant. Il faut surtout essayer de se renseigner précisément sur le taux d’emploi à la sortie. Certaines formations ne vendent que du rêve. A des tarifs parfois très élevés. Il faut savoir s’en méfier.  Le secteur de l’animation est très sélectif : seuls les gens bien formés trouvent leur place sur le marché. Il faut aussi regarder les prix obtenus par les films de fin d’études dans les différents festivals. A mon sens cela donne une idée assez précise du niveau de l’école.borde05

Ce qui m’aura le plus étonné au cours de mes études, c’est la différence d’ambiance entre le lycée et l’enseignement supérieur. En terme d’autonomie, bien sûr. Mais surtout, à Supinfocom, je ne me suis retrouvé qu’avec des gens passionnés. Qui avaient tous la même envie. C’était incroyable de pouvoir à chaque instant parler de création artistique avec les profs ou les autres étudiants. La dernière année, nous avons tous travaillé un nombre d’heures incroyable. Tous les jours jusqu’à très tard le soir. Honnêtement, je ne pensais pas que je travaillerai autant quand je suis entré dans cette école. Mais cela permet d’apprendre où sont nos limites. Voire de les repousser – même si il faut faire attention à ne pas aller trop loin ! Et surtout de se blinder pour supporter la pression à laquelle on est confronté une fois en poste. L’école nous sert de baptême du feu !

 

* Bande annonce du film : http://rubika-edu.com/animation/crabe-phare

 

Contacts :

Gaétan Borde – E-mail : gaetanborde@hotmail.fr

Supinfocom Rubika – Valenciennes – Tel : 03 61 10 12 20 – Site web : http://rubika-edu.com/