L’AFCA : l’Association Multicarte de l’Animation !

L’AFCA, Association Française du Cinéma d’Animation, a été fondée en 1971 en lien étroit avec le festival d’Annecy, avec cette même volonté de promouvoir le cinéma d’animation d’auteur. Véritable plateforme à la croisée de tous les enjeux du secteur, l’AFCA compte aujourd’hui plus de 250 adhérents, personnes physiques ou morales, parmi lesquels se retrouvent aussi bien des passionnés d’animation, des enseignants, des chercheurs  que des auteurs, réalisateurs ou techniciens, sociétés de production, diffuseurs, salles de cinéma ou médiathèques et écoles. En 2014, Sabine Zipci est nommée déléguée générale de l’AFCA et développe depuis les actions de l’AFCA avec son équipe.

Quelles sont les missions de l’AFCA ?

La principale mission de l’AFCA  est la promotion du cinéma d’animation auprès du grand public, des professionnels de l’animation comme, plus largement, ceux de l’audiovisuel et du cinéma, et concerne non seulement les œuvres, mais aussi l’ensemble des acteurs de la filière.

4 dispositifs sont mis en place pour assurer cette mission : la Fête du Cinéma d’Animation pour laquelle l’AFCA accompagne les projets proposés par tous les participants (médiathèques, salles de cinéma, association, mairie…) sur l’ensemble du territoire.  Cet accompagnement se fait au travers de la pré-sélection de films, de la proposition d’intervenants, d’actions d’éducation à l’image ou encore d’une communication dans les médias autour de l’événement. La Fête a lieu chaque année durant le mois d’octobre et s’articule autour d’une date importante pour le secteur, le 28, jour anniversaire de la 1ère présentation des pantomimes lumineuses par Emile Reynaud.

Le 2ème dispositif est la remise du Prix Emile Reynaud par les adhérents de l’AFCA à un court métrage professionnel français précisément chaque 28 octobre. Sont plus particulièrement récompensés à cette occasion l’innovation, la prise de risque et la forme narrative du film lauréat. En 2016, le prix a été attribué à Dahee Jeong pour La Chambre Vide, produit par Sacrebleu Productions.

L’AFCA organise par ailleurs le Festival National du Film d’Animation dont la prochaine édition se tiendra du 24 au 30 avril en Bretagne.

Enfin, nous venons de mettre en place un dispositif de soutien à la diffusion de longs métrages d’animation française que nous espérons développer au cours des prochaines années car malheureusement il reste parfois difficile pour les films français de trouver un positionnement suffisamment fort pour rencontrer les publics dans les salles.

Parallèlement, l’AFCA poursuit également une mission d’information. L’association s’est toujours positionnée comme un centre de ressources pour ses adhérents. Elle peut en effet les aider sur des questions administratives, artistiques ou de mise en réseau. Nous avons pour cela lancé il y a 2 ans un site internet qui a vocation à s’enrichir encore de nouvelles fonctionnalités. Nous y proposons par exemple des fiches films qui recensent de façon quasi exhaustive la production annuelle française de longs métrages. Un annuaire des structures du secteur est également désormais en ligne. Et surtout, nous proposons quotidiennement en page d’accueil du site et sur nos réseaux sociaux des actualités sur le secteur de l’animation.

Sur ce pôle information vient se greffer l’Observatoire de la Création et de la Production Contemporaines grâce auquel nous réalisons une veille permanente sur l’ensemble de la filière.  Ceci nous permet de relever les problématiques actuelles du secteur et mener en conséquence des actions de préconisations. Nous avons à ce titre mené récemment une grande enquête sur la distribution en salles des derniers longs métrages français d’animation, avec le concours du SPFA. Nous avons également mené, en lien avec les producteurs, une étude sur la place du court métrage français pour le jeune public dans les programmes diffusés dans les cinémas.

L’AFCA se positionne par ailleurs également comme un centre de documentation grâce à un fond d’archives et d’ouvrages constitué depuis la création de l’association. Nous avons par exemple des correspondances entre réalisateurs prestigieux comme Paul Grimaud.  Nous disposons aussi d’un fond iconographique – dont nous avons déposé les éléments au musée château d’Annecy qui en assure la conservation et la diffusion (cellulos, dessins…) – et d’une vidéothèque composée de plus de 9000 titres !

Pour terminer sur nos missions, nous avons lancé en tout début d’année un pôle accompagnement destiné à nos adhérents et qui se propose d’organiser des ateliers au cours desquels des experts répondront aux questions des participants (10 à 12 par atelier) sur des thèmes très spécifiques. Le 1er atelier aura lieu le 16 mars prochain, animé par Emmanuel-Alain Raynal de Miyu Productions,  autour des questions du financement du court-métrage.

 

Comment se positionne la France au niveau mondial ?

La France a maintenu cette année encore sa position de 3ème producteur mondial après les Etats-Unis et le Japon. Et de 1er exportateur de séries au niveau européen ! Elle affiche un positionnement assez original, ancré dans un cercle vertueux.  Notre pays a la particularité d’avoir été une terre d’accueil des grands noms de l’animation et un véritable berceau au niveau de l’illustration, de la bande dessinée ou du roman graphique. Outre ces aspects créatifs, nous profitons de dispositifs de soutien à l’écriture, au développement, à la production et à la diffusion ou l’exploitation vraiment exceptionnels. La vertu du système français est d’être présent à toutes les étapes et ce même jusqu’aux écoles avec des actions d’éducation à l’image.

La France bénéficie par ailleurs d’écoles d’art et d’animation de très haut niveau. L’existence du RECA est là pour en témoigner ! La plupart de ses écoles a une renommée au niveau national mais surtout au niveau international. Il n’y a qu’à voir la circulation des jeunes diplômés dans les studios les plus renommés pour s’en convaincre.

L’équilibre qui s’est créé en France entre l’artisanat et l’industrie est aussi très révélateur. Il y a une production forte de courts métrages d’auteur. Mais notre production se renforce également autour du long métrage. Sur le territoire de gros studios côtoient des petites structures. Je pense que c’est ce foisonnement et cette diversité des acteurs de l’animation qui font qu’aujourd’hui notre originalité est reconnue dans le monde entier. L’AFCA est d’ailleurs régulièrement sollicitée par des acteurs étrangers. Récemment nous avons été contactés par des philippins, des représentants d’une région du sud de la Chine, des argentins… qui voulaient mieux comprendre ce modèle français.

Vous êtes en pleine préparation de votre festival annuel. Quels en seront les principaux temps forts ?

Dorénavant le festival n’aura plus lieu en décembre mais en avril, et cette année plus précisément du 24 au 30. Toujours à Bruz, à Rennes et en métropole rennaise. Créé en biennale en 1983 comme une vitrine de la production française réservée aux professionnels, le festival s’est ouvert au grand public en 1999 et a lieu depuis 2010, croissance de la production oblige, tous les ans.

Le Festival demeure une vitrine de la production et ce pour tous les formats. Nous proposons une compétition de courts métrages, professionnels et étudiants, un panorama des longs métrages français, une sélection de films de commande, de clips, de séries et de web séries ainsi qu’une sélection de films d’atelier.  Grande nouveauté cette année : nous ouvrons une section non compétitive aux nouvelles écritures, c’est-à-dire tout ce qui tourne autour de la réalité virtuelle, du jeu vidéo, livre numérique et applications. Ce sera notre première incursion « hors films » ! L’idée est de montrer au public la globalité du savoir-faire français en associant la projection des films avec des séances « secrets de fabrication », des work in progress, des ciné-concerts et des ateliers de pratique.

Pendant tout le festival, nous avons à cœur de favoriser les rencontres avec les auteurs. Nous recevons chaque année plus de 200 professionnels dont la moitié présente des films en compétition et est donc disponible à l’issue des projections pour échanger avec les spectateurs.  Nous proposons également au cours de 2 journées destinées plus particulièrement aux professionnels, des séances baptisées « secrets de fabrication », des pitchs de projets, des rencontres, des études de cas et des tables rondes.

Le programme complet sera bientôt dévoilé !

 

Quelles sont, à terme, les ambitions de l’AFCA ?

A moyen terme, je souhaite consolider les actions engagées fin 2016-début 2017, notamment le dispositif d’accompagnement des longs métrages. Nous étions jusqu’à présent sur des actions de communication. J’aimerais aller plus loin en anticipant très en amont le soutien à un film. Par exemple en proposant aux journalistes ou aux exploitants des visites de studios.  Ou en éditant divers supports comme des interviews de personnalités. L’idée est de travailler en étroite collaboration avec les producteurs et les distributeurs des films en leur proposant du contenu comme de l’éditorialisation – et particulièrement pour des films destinés à un public adolescent ou adulte qui sont les plus complexes à promouvoir.

J’aimerais aussi développer les ateliers que j’évoquais précédemment. Non seulement en quantité, mais aussi les déployer en régions. Il faut pour cela mettre en place un modèle économique consolidé avec la possibilité d’établir des partenariats – pourquoi pas avec le RECA ?!

Le rôle de l’AFCA, avec l’aide de tous les acteurs du secteur, serait aussi de rendre les enjeux de l’animation plus visibles aux yeux du plus grand nombre. Cela passe par des actions de « séduction » auprès des médias. Une brèche a été ouverte l’an dernier au Festival de Cannes avec la mise en avant de longs métrages d’animation. Mais il ne faut pas que cela reste un épiphénomène. Notre mission, en tant qu’association nationale, est d’aller plus loin !

 

Contact : Sabine Zipci – AFCA – Paris – Tel : 01 40 23 08 13 – E-mail : s.zipci@afca.asso.fr – Sites web : www.afca.asso.fr / www.fete-cinema-animation.fr / www.festival-film-animation.fr