L’ANIMATION : BIENVENUE CHEZ LES CHT’IS…

La dernière Fête de l’anim’ s’est tenue du 31 mars au 2 avril derniers dans les Hauts de France, une région devenue une véritable terre d’accueil pour les écoles, sociétés de production et festival du secteur de l’animation.  Antoine Manier, fondateur responsable des Rencontres Audiovisuelles, l’organisateur de l’événement, revient pour e-RECA sur le bilan de cette 13ème édition qui a comptabilisé plus de 25 000 entrées.

 

La Fête de l’anim’ 2017 s’est tenue du 31 mars au 2 avril dernier ? Quel bilan tirez-vous de cette 13ème édition ?

 

Le bilan est encore en cours mais d’ores et déjà, nous pouvons annoncer une légère augmentation des entrées. La croissance est même nettement plus importante en ce qui concerne les professionnels, y compris les étudiants des écoles d’animation. Ils étaient plus nombreux en termes de personnes et en termes d’origines puisque cette année, une vingtaine de nationalités était représentée. Le côté international de ces rencontres continue donc de se développer. Historiquement, nous nous étions fixés un périmètre de travail plutôt européen, mais nous dépassons de plus en plus ces frontières puisque cette année russes et chinois étaient également présents. Au niveau européen, nous avons des festivaliers fidèles qui reviennent chaque année, mais aussi de nouveaux participants qui ont entendu parlé de nos Rencontres par le bouche à oreille et viennent par curiosité des contenus proposés.

Nous accueillons surtout des professionnels internationaux ou de notre région, mais étrangement, les professionnels français non locaux ne sont pas très présents.

Cette année nous avions un nouvel enjeu avec la proposition d’un nouveau lieu, en plus de Lille, Valenciennes et Tourcoing : Wallers-Arenberg. Il s’agit d’un ancien site minier, en voie de réhabilitation, destiné à accueillir des structures de production et de post-production sur un territoire plutôt rural. Nous y avons installé le Village des Enfants sur plusieurs milliers de mètres carrés qui proposait une 20aine d’ateliers, des activités pédagogiques des expositions et des projections.  Les résultats ont été très positifs. Le public comme les partenaires étaient ravis !

 

 

De nombreux rendez-vous (mapping video, Marathon de l’anim’, projections…) ont permis aux étudiants européens de confronter leur talent. Quels sont pour vous les objectifs de telles rencontres ?

Notre ambition, et c’est l’un des axes fort de l’événement, est de devenir « le » rendez-vous important des étudiants européens. Nous souhaitons leur donner accès à des contenus : projections, master classes… et travailler parallèlement le côté pratique et networking. Les étudiants peuvent rencontrer des professionnels et des étudiants d’autres écoles et d’autres nationalités. C’est l’occasion pour eux de se constituer un réseau avec lequel ils pourront travailler plus tard. Mais la plus-value de l’évènement pour les étudiants ce sont surtout les réalisations collaboratives que nous leur proposons et pendant lesquels ils créent ensemble : réalisation d’un video mapping, Marathon de l’anim’, des Grafik Battles… Ces workshops fonctionnent en équipe, d’une même école pour le marathon ou d’écoles différentes pour le mapping*. Cette année s’était inscrite une 30aine écoles représentant une 20aine de nationalités.

 

 

Observez-vous des différences importantes entre les étudiants européens ?

Plus que par son origine, un étudiant est surtout caractérisé par son établissement ! De nombreuses écoles sont vraiment « reconnaissables », elles ont une vraie « patte ». Cela dépend aussi des techniques enseignées : certaines vont enseigner plutôt la 3D, d’autres la 2D… The Animation Workshop au Danemark et Mome à Budapest sont par exemple très différentes entre elles, et 2 écoles françaises pourront être respectivement plus proche de l’une et de l’autre de ces écoles. S’il faut chercher une tendance, on peut peut-être noter malgré tout une différence entre les écoles d’Europe de l’est, qui peuvent avoir une approche moins technique, et celles d’Europe occidentale.

Les méthodes d’apprentissage sont aussi différentes : certaines écoles ne font pas travailler leurs étudiants en équipe.

Le niveau aussi peut être différent : nous accueillons des étudiants de 1ère comme de dernière année. Une même école ne peut envoyer qu’une seule équipe. Ce sont généralement les enseignants qui sélectionnent les étudiants. Le choix se fait selon les programmes, la disponibilité… Lorsque nous constituons les équipes pour le vidéo mapping, nous essayons de mélanger les compétences au niveau technique notamment, sur la base d’un questionnaire que nous faisons remplir aux participants en amont de l’événement pour bien identifier les profils.

Les Rencontres Audiovisuelles disposent de fonds pour organiser la venue des étudiants. Les écoles doivent financer le transport, l’hébergement et les repas. Le programme Europe Créative cofinance par ailleurs la participation de 5 écoles. Au niveau national, certains établissements bénéficient de soutiens. Les allemands par exemple sont aidés par le Goethe Institut.

 

Pensez-vous qu’il existe une animation européenne ? Si oui, peut-elle trouver sa place entre les géants américains et asiatiques ? Quelle serait cette place ?

Il y a globalement une approche « art et essai » plus marquée dans l’animation européenne que dans l’animation américaine ou asiatique. Avec des propositions d’univers très créatifs, très singuliers. Même si les japonais par exemple peuvent aussi proposer des approches expérimentales. Le cinéma d’auteur est très présent en Europe, particulièrement au niveau des courts métrages, secteur dans lequel nous bénéficions d’une production très importante. Ceci est lié aussi aux fonds d’aide qui existent en Europe, et encore plus en France, et qu’on ne trouve pas dans les autres pays.

Mais ces spécificités ne sont pas propres à l‘animation : elles sont présentes dans l’ensemble du cinéma européen.

Quelles sont vos ambitions pour l’édition 2018 de la Fête de l’anim’ ?

Nous allons continuer de développer nos actions vers les étudiants internationaux, vers le grand public et vers la filière régionale. L’an prochain sera surtout une année de consolidation des actions que nous avons déjà mises en place ! Comme notre événement est vraiment tourné vers les écoles, notre ambition principale est d’en accueillir de plus en plus, du monde entier. Toutes les écoles sont les bienvenues !

 

Contact : Antoine Manier – Rencontres Audiovisuelles – Lille – Tel : 03 20 53 24 84 – Sites web : www.rencontres-audiovisuelles.org / www.fete-anim.com