RECA CHINE : UNE 1ère AVENTURE TRANSCONTINENTALE

David Ma, diplômé chinois de l’école Georges Mélies en 2008, a créé en 2012, après plusieurs expériences professionnelles, l’association Culturêve dont l’objectif est de promouvoir l’animation française en Chine. « En Chine, on ne connaissait que l’animation américaine ou japonaise » souligne-t-il. « Les meilleures écoles du monde se trouvent pourtant en France ! ». L’une des premières actions de Culturêve a été d’organiser un forum de l’animation française dans différentes villes de Chine. Les 1ères éditions de ce forum ont permis de favoriser  les échanges entre les professionnels chinois et français. Un 1er projet issu de ces échanges est actuellement en financement.

Mais surtout, depuis plus d’un an,  David Ma développe avec le RECA un projet baptisé RECA Chine.

 

 

1) Pouvez vous en quelques mots nous expliquer ce qu’est le projet RECA Chine ? 

C’est un projet qui permet aux étudiants chinois qui souhaitent venir étudier l’animation en France de postuler en une seule fois à plusieurs écoles, en passant les tests de présélection en  Chine.  Concrètement, les candidats s’inscrivent sur une plateforme internet. Ils remplissent en ligne un questionnaire écrit et fournissent une vidéo de motivation ainsi que leurs bandes démo et portfolios. Ces dossiers de candidatures sont examinés en même temps par les écoles françaises. Chacune d’elles émet un avis, positif ou négatif. L’avis émis peut aussi être soumis à conditions – par exemple apprendre le français.

Le candidat peut donc recevoir plusieurs offres et c’est à lui de faire son choix. Au préalable, il a accès aux films de fin d’études réalisées dans les écoles françaises, ce qui peut orienter sa décision.

Il y a 2 niveaux d’entrée possibles : soit en fin d’études pour des étudiants qui souhaitent obtenir en France un diplôme de niveau Master,  soit des lycéens qui suivront un cursus complet. Aujourd’hui, nous en sommes au tout début. 5 écoles du RECA participent à la phase de test : ArtFx, GOBELINS l’école de l’image, ISART Digital, LISAA et Supinfocom Rubika. L’idée n’est pas, comme le font déjà certaines agences, de « vendre » telle ou telle école mais bien de faciliter l’accès à un ensemble d’écoles, via le RECA. A terme, toutes les écoles du RECA si elles le souhaitent pourront être partenaires.

 

 

2) Comment est né ce projet ? 

Un étudiant chinois qui souhaite se former à l’animation ne va pas spontanément penser à la France. Il va d’abord se tourner vers les Etats Unis ou vers l’Angleterre. C’est grâce à la promotion faite par notre association que les écoles françaises ont commencé à intéresser les étudiants chinois. Envisager de venir passer un concours en France était évidemment très compliqué. Cela coûte cher. Financièrement parlant mais aussi en terme de temps car les concours ne sont pas au même moment… Il faudrait pouvoir rester 1 mois en France pour participer à 3 concours !  C’est totalement inimaginable. De plus, La langue est aussi un problème. Commencer à apprendre le français, alors que l’on ne sait pas encore si on a le niveau pour intégrer une école française est un obstacle. Les épreuves d’admissibilités ne nécessitent pas la maîtrise du français, c’est seulement une fois admissible que le candidat va choisir ou non de s’investir dans cet apprentissage.

J’avais donc envie de rendre l’accessibilité des écoles françaises plus simple aux étudiants chinois. C’est comme ça que le projet est né. Nous l’avons présenté à différentes structures institutionnelles françaises en Chine, dont l’ambassade, qui l’ont soutenu.

 

3) Peut-on déjà en tirer un 1er bilan ? 

La mise en route de RECA Chine s’est faite un peu trop tardivement pour cette 1ère année (en mars) ce qui explique que nous n’ayons pas encore de résultats très représentatifs. Cette 1ère édition nous a servi de test pour caler un processus qui convienne aux écoles et aux candidats. Nous avons reçu plusieurs dizaines de dossiers parmi lesquels 4 ont été retenus par les écoles. Le « bon » timing pour les étudiants serait de lancer le concours  dès septembre / octobre.
Cette année, nous avons donc ouvert « officiellement » le concours le 1er octobre. Mais nous avions déjà, avant même cette date, 5 candidats intéressés !

 

4) Pourquoi les étudiants chinois sont-ils attirés par les écoles françaises ? 

Grâce au forum que nous organisons, il y a eu pour commencer une curiosité pour l’animation française – et pour ses écoles – qui était jusqu’alors méconnue. Les meilleures formations sont en France. La France est aussi pour les étudiants chinois un pays  particulièrement attractif pour sa culture, sa diversité artistique.  Elle regorge de musées et de monuments historiques. Cette richesse culturelle est très séduisante pour les étudiants chinois.

 

D’un point de vue plus pragmatique, c’est aussi plus intéressant financièrement de suivre une scolarité en France. Les écoles sont beaucoup moins chères qu’aux Etats Unis ou en Angleterre tout en offrant un niveau supérieur.

 

5) Votre association a-t-elle d’autres projets ? 

Sur le site de notre association, nous allons proposer des films francophones, toujours dans l’objectif de mieux faire connaître l’animation française aux chinois.

Nous continuons par ailleurs d’organiser notre forum.

A partir de cette année, nous espérons développer notre collaboration avec le festival d’Annecy avec qui nous organisons déjà des échanges dans le cadre de « Animation du Monde » et des pitchs projets. Nous allons proposer des « focus territory » de 1H30, dédiés uniquement à des projets chinois, séries et longs métrages.

Contact : David Ma – Culturêve – Tel : 06 51 02 68 81 – E-mail : david.ma@cultu-reve.com – Site web : www.cultu-reve.com