LA MAISON DU FILM : UNE MAISON POUR TOUS !

Anciennement Maison du Film Court, la Maison du Film compte aujourd’hui plus de 1200 adhérents que l’équipe de 8 permanents et d’une cinquantaine de consultants conseille, accompagne, met en relation, forme…

Elle est aujourd’hui dirigée par Richard Sidi.  Ancien élève de Sciences Po et du Celsa, ce passionné de cinéma, avait « mal » commencé sa carrière, dans la publicité. Un congé de formation en écriture de scénario lui donne le goût du script doctoring. Il intègre alors plusieurs comités de lecture. Connaît des expériences comme comédien et réalisateur. Avant que de tenter (et réussir !), par une restructuration en profondeur, de redresser La Maison du Film touchée par la crise.  La revalorisation des prestations et le développement de nouvelles actions permettent à cette association de mieux affronter les enjeux économiques actuels. Parmi les aides proposées, le dispositif Trio, dont l’appel à candidatures 2018 a été lancé le mois dernier (voir e-RECA n°22).

1) Pouvez-vous en quelques mots expliquer ce qu’est le dispositif Trio ?
Avant toute chose, ce projet s’appelle Trio pour 2 raisons. Il s’adresse à 3 catégories de professionnels : producteurs, compositeurs, réalisateurs. Et à 3 types d’œuvres : courts, moyens et longs métrages.

Trio a vu le jour en 2013. A l’époque sous le nom de Duo  car sans la présence de producteur et du format long métrage. Trio est un dispositif d’accompagnement de projets et une résidence de musique de films.  Le dispositif a pour objectifs de donner des clés aux auteurs et producteurs pour mieux aborder la musique de films. Et d’apprendre aux compositeurs à mieux communiquer avec les réalisateurs et les producteurs, et à mieux s’insérer dans un projet cinématographique.

Nous lançons un appel à projets et à candidature chaque année. Pour 2018, la date limite est fixée au 23 mars.

Les réalisateurs, ou tandem réalisateur/producteur, présentent un projet. Les compositeurs quant à eux présentent leur travail et l’univers musical.

14 lauréats sont sélectionnés : 7 compositeurs et 7 réalisateurs ou producteurs, ou tandem réalisateur/producteur. Les compositeurs choisissent ensuite avec qui ils souhaitent travailler pendant la semaine de résidence qui se tient à la Ferme de Villefavard, dans le Limousin, en septembre. Tous frais payés ! Au préalable, ils travaillent tout l’été pour présenter des maquettes à partir des notes d’intention ou scénario des auteurs et/ou des producteurs.

Au cours de la résidence, le travail continue dans l’échange, avec les retours des uns et des autres. C’est aussi l’occasion pour nous de préparer les lauréats à la constitution de dossier de demande d’aide à la musique de film. Ce sont des dossiers souvent très techniques, aux procédures très sélectives.

Pour la 1ère fois, en 2018, nous proposons à des producteurs « émergents » de postuler même sans présenter de projet de film en particulier. Le dispositif s’ouvre par ailleurs aussi au documentaire.

 

2) Recevez-vous des projets d’animation ?
Dans les 1ères  années du dispositif, nous avons eu beaucoup de projets d’animation. Mais depuis quelques temps, nous n’en recevons plus. Peut-être parce que la Maison du Film n’est pas identifiée comme pouvant accompagner des projets de ce type. C’est d’autant plus dommage que tout se passe vraiment bien pour les quelques projets d’animation que nous accompagnons. Nous les aidons à trouver des producteurs et ces projets de qualité ont ensuite une belle carrière en festivals. Le dernier projet d’animation a avoir été sélectionné par Trio est 10 puissance moins 43 secondes de Clément Courcier, diplômé de l’EMCA, qui a eu un prix à Annecy.

10 puissance moins 43 secondes de Clément Courcier

Hors Trio, la Maison du Film a souvent accompagné des projets d’animation. Nous avons par exemple accompagné les 1ères œuvres de la réalisatrice Aude Danset ou le 1er projet de Darielle Tillon, Joyeux Anniversaire, qui utilisait la pixilation.

Si, cette année, des projets d’animation nous sont soumis, nous les regarderons avec une attention toute particulière car ce sont des projets que nous aimons particulièrement soutenir.

 

3) Désormais les « jeunes » producteurs candidats peuvent postuler sans projet. Quel sera dans ce cas l’apport de votre accompagnement ?
La 1ère vocation est de favoriser les rencontres. Le dispositif leur permet rencontrer des auteurs et des compositeurs. Nous leur proposons aussi une aide « développement de carrière ». 

Dans le cadre de Trio 2018 nous allons proposer au producteur émergent sélectionné un rendez vous portant sur la stratégie de développement de sa société. Nous allons ainsi lui donner un retour qualitatif sur l’image de son entreprise, la ligne éditoriale de sa société, son positionnement dans le champ concurrentiel des sociétés de production. Nous allons aussi lui donner des outils pour lui permettre de mieux aborder les différentes commissions, de rédiger au mieux ses notes de production, de trouver sa « famille de cinéma » : auteurs, réalisateurs, compositeurs…

Cette aide à la stratégie sera, à terme, proposée à tous les producteurs adhérents à la Maison du Film qui la demanderont.

 

 

4) La Maison du Film Court est devenue la Maison du Film. Pourquoi ? Quelles sont les autres missions de votre structure ?
De fait, depuis de nombreuses années, nous avons accompagné aussi des projets de moyens ou longs métrages. Notre centre de ressources est également ouvert à tous types de projet. Du long métrage à la web série ! Cet « élargissement » s’est fait principalement par le bouche à oreilles.

Par ailleurs, les formations que nous dispensons, sur les métiers du cinéma, s’adressent à toutes les catégories. On ne forme pas des comédiens de court ou long métrage. On forme des comédiens !  Et ce sera la même chose pour un régisseur ou un assistant réalisateur !

Pour finir, nous avons créé des dispositifs comme Trio dont nous avons parlé, mais aussi Parcours qui accompagne le passage du court au long métrage. Il était donc tout à fait logique de nous appeler La Maison du Film. Et non plus la Maison du Film Court.

Parmi nos autres missions, nous venons par exemple de remporter le marché public pour l’aide à l’écriture de la région Ile-de-France. Nous accompagnons dans ce cadre une trentaine de projets, majoritairement des longs métrages.

La Maison du Film est une association qui est ouverte à tout le monde. Tous ceux qui ont un désir de cinéma – amateurs, jeunes professionnels, professionnels aguerris – peuvent adhérer et bénéficier de nos services : formations (la majorité de nos formations sont agréée AFDAS), aides à la production, recherche d’aides financières, conseils – en écriture, en production, en réalisation. Nous pouvons aussi mettre des porteurs de projets en relation avec nos membres qui appartiennent à tous les métiers du cinéma.

 

5) Quels sont vos projets à court, moyen et/ou long terme ?
Nous avons de nombreux nouveaux projets. En région notamment. Par exemple avec la Bretagne, nous avons un projet de résidence d’écriture en réalité virtuelle. 

Nous aimerions aussi créer un Trio spécial Animation, un Trio spécial Documentaire… Nous avons aussi un projet de festival. Et aussi un projet de concours de scénario ayant pour thème « A 50 ans elles crèvent l’écran ». Ce sont plus le temps et les moyens qui manquent que les idées !

Notre 1ère mission est de rester ouverts et accessibles à tous, sans distinction ! Il est probable qu’en étant plus « sélectifs », nous bénéficierions de plus de soutien… mais il est vraiment important pour moi de garder cet esprit de service public qui se perd de nos temps.

Nous sommes très heureux de nos résultats. Sur les 5 courts métrages finalistes des César 2018, 4 étaient en lien direct avec la Maison du Film et la lauréate de cette année, Alice Vial, est une de nos anciennes adhérentes et a bénéficié sur son film précédent de notre aide à la musique en partenariat avec la SACEM.  L’an dernier, le César du court métrage a été remis à Maïmouna Doucouré qui avait été accompagnée dès ses débuts par la Maison du Film. Elle nous a d’ailleurs cité dans ses remerciements lors de la cérémonie. Récemment, dans une interview sur France Inter, Denis Ménochet (ndlr : à l’affiche actuellement dans Jusqu’à la Garde de Xavier Legrand) racontait que ce qui lui avait permis de rencontrer des réalisateurs et de se créer un réseau c’était d’avoir « trainé » les jeudis à la Maison du Film ! Ces témoignages de reconnaissance nous rendent très heureux. Et c’est important pour nous que les professionnels parlent de nous. Leur réussite est notre meilleure publicité !

Contact : Richard Sidi – Maison du Film – Paris – Tel : 01 40 34 32 44 – E-mail : info@maisondufilm.com – Site web : www.maison-du-film-court.org/