ESF : MISSION « A(N)IMER L’EUROPE »

Depuis 2015, l’association Européens Sans Frontières (ESF) propose chaque année aux jeunes talents de l’animation de réfléchir sur une thématique de citoyenneté européenne et de participer, sous forme d’appel à projets, à la création d’un court-métrage destiné à sensibiliser le grand public, particulièrement les plus jeunes. Après la question des droits liés à la citoyenneté européenne, des migrants ou encore de l’Euro, cette année c’est la défense européenne qui fait appel à la créativité des étudiants des écoles du RECA.

Philippe Cayla, ancien président d’Euronews et ancien directeur international de France Télévisions, explique les ambitions d’ESF dont il est le fondateur.

Quand et pourquoi avoir créé ESF ?

En 2013, alors que la question du droit de vote des étrangers aux élections municipales en France était débattue, j’avais avancé l’idée d’étendre le droit de vote des Européens aux élections nationales. J’avais sur ce sujet lancé une initiative citoyenne européenne – sorte de pétition internationale qui permet d’obtenir une audition au Parlement européen et à la Commission européenne. L’initiative a été soutenue par un certain nombre de personnalités politiques et divers intellectuels, mais, malheureusement, nous n’avons pas obtenu le minimum de signatures nécessaire.

En 2014, année d’élections européennes, j’avais observé un défaut de communication des institutions communautaires. ESF, que j’avais créé en 2012, répondait à ce manque.

 

Quelles sont les principales actions de l’association ? 

L’association est orientée vers la communication européenne. En 2014, ESF a lancé l’opération « Rock the Eurovote », inspirée d’une action américaine baptisée « Rock the Vote » qui avait eu lieu en 2007 et qui par la production de vidéo en images réelles ou en animation visait à inciter les jeunes à voter. L’objectif de Rock the Eurovote était donc d’encourager – dans un esprit non partisan – les jeunes Européens à voter. Cette opération a eu un certain succès grâce notamment aux soutien et témoignages d’une quinzaine de personnalités du monde artistique et culturel comme Dany Boon, Guillaume Gallienne ou encore Naguy.

L’année suivante, je suis passé à la production de films d’animation sur des thématiques européennes, ce qui représente aujourd’hui la principale activité de l’association. Avec deux types de productions : l’une, plutôt pédagogique, avec les concours annuels que nous lançons depuis 2015. L’autre qui représente une ligne plus humoristique avec la production de courts métrages qui caricaturent les personnalités européennes, dans l’esprit des Guignols de l’Info (ndlr : à voir sur le site de l’association).

 

Pourquoi avoir choisi l’animation pour la réalisation des clips ? 

L’animation nous permet d’atteindre plusieurs objectifs : elle attire non seulement les enfants mais aussi les jeunes adultes, qui constituent l’une de nos cibles principales. Cela nous permet par ailleurs de nous défaire des stéréotypes nationaux. Nous n’avons pas besoin de recourir à des comédiens qui seraient, de fait, marqués par leur pays d’origine. La 3ème raison est que l’animation est plus facile à doubler dans toutes les langues car nous sommes des fervents partisans du multilinguisme. Je pense que l’un des principaux défauts de la communication européenne c’est qu’elle tend à être monolingue en anglais, ce qui à notre avis n’est pas acceptable. Si je devais paraphraser Umberto Eco, qui disait que la langue de l’Europe, c’est la traduction, je dirai que le visage de l’Europe, c’est l’animation !

 

Le prochain appel à candidatures se clôt le 1er Avec quels arguments encourageriez-vous les candidats à participer ? 

C’est un appel à projets qui laisse une totale liberté aux candidats au niveau de la création graphique. Et s’ils le souhaitent, ils peuvent même revoir le scénario !

Par ailleurs, le 1er prix est significatif puisqu’il s’élève à 5000 € et à un accompagnement personnalisé pour le développement du projet.

Enfin, les perspectives de diffusion du court métrage sont nombreuses et variées : le film est diffusé sur toutes les chaines du groupe France Télévision, sur internet et dans les salles de cinéma….

Depuis le lancement du concours, nous arrivons en moyenne chaque année à 6 ou 7 millions de visionnages. Cette année, le film « Eurofort, Help ! » dont le graphisme a été créé par Quentin Rivaux, étudiant à GOBELINS, suite à l’appel à projets (voir e-RECA n°26), a même recueilli plus de 12 millions de visionnages. Un record !

Cela donne donc une très forte visibilité au lauréat qui bien évidemment est référencé au générique. C’est à mon sens une expérience professionnelle qui ne peut que muscler un CV !

Contact : ESF – Paris – Site web : www.europeenssansfrontieres.eu