ILOI / XD PRODUCTIONS : UN PARTENARIAT INNOVANT

Depuis plusieurs mois, l’ILOI – Institut de l’Image de l’Océan Indien, membre du RECA  situé sur l’Ile de la Réunion – travaille en étroite collaboration avec XD Productions, société implantée à Bry-sur-Marne, à la mise en place d’une formation opérationnelle visant à apprendre l’utilisation d’un tout nouveau procédé de fabrication de film, qui débouchera sur la production d’un premier projet de long-métrage : The Depth of Dreams.

Alain Séraphine, fondateur de l’ILOI, et Jacques Peyrache, PDG de XD Productions, développent pour e-RECA cet ambitieux projet.

 

 

1) Comment est né le partenariat entre ILOI (Ile de la Réunion) et XD Productions (Bry sur Marne) ? 

Alain Séraphine : Ce partenariat, dont les germes précédaient la naissance même de L’Iloi et de XD Productions, est le fruit de relations de confiance entretenues entre des hommes mobilisés autour d’un projet que je portais à l’époque avec l’aide de Pierre Ayma, le fondateur du département animation de l’école des Gobelins. Il s’agissait à ce moment-là de faire naître des activités nouvelles à l’île de la Réunion, un territoire insulaire français, sinistré par le manque d’emplois.

Dès 1993, la société PIXIBOX dont Jacques Peyrache fut l’un des fondateurs, participait déjà à la réflexion.

En 1994, avec l’aide de Gobelins, l’Iloi voit le jour en lançant ses premières actions de formation préparant à l’emploi et contribuant ainsi à faire naître en 1995 une industrie de cinéma d’animation à l’île de La Réunion. Dès 1996, dans le but de permettre à Pipangaï, studio réunionnais, de résister à la compétition internationale et plus particulièrement à celle de la Chine, L’Iloi établira un premier partenariat avec PIXIBOX avec pour enjeu le passage de Pipangaï au tout numérique.

En parallèle, Jacques Peyrache associera l’Iloi quasiment à tous les projets de recherche menés par XD production. De la 3D temps réel pour l’animation, à la création d’un studio capable de scanner en 3D de vrais acteurs en mouvement.

Aujourd’hui, il s’agit pour XD production et pour L’Iloi  de mettre leur partenariat historique au service de la validation opérationnelle de ce studio dont les performances, si elles devaient être validées par la production d’un premier long-métrage, pourraient révolutionner les modes de production du cinéma et du cinéma d’animation tant sur le plan professionnel, social, qu’économique, voire culturel.

 

2) Quels sont les autres partenaires ? 

Jacques Peyrache : Le projet de  film « The Depth of Dreams » est une coproduction entre XD Productions et AECS, qui tient son origine d’un classique de la culture turque : Amak I Hayal.

AECS est une société américaine dirigée par Thierry Potok, polytechnicien d’origine française  qui a mené une grande partie de sa carrière en Allemagne, notamment à la direction des studios de Babelsberg, avant de créer sa société de production aux Etats-Unis. Si Thierry Potok suit ce projet depuis le début, c’est essentiellement parce qu’il est passionné des enjeux technologiques qu’il présente. Pour l’instant, il n’y pas d’autres partenaires impliqués.

Nous passons avec ce film d’une phase de « laboratoire » à une fabrication « industrielle ».

3) Concernant les aspects technologiques du projet, quelles en sont les principales innovations ? 

Jacques Peyrache : L’idée première est d’utiliser des images 3D pour faire des images réalistes, analogues à celles proposées par le cinéma « normal » ! Jusqu’à présent, la 3D était surtout utilisée pour fabriquer des effets spéciaux, ou pour créer des personnages d’animation ou de jeux vidéo. XD Productions a passé 20 ans à développer un outil qui permet de transcrire un acteur réel en 3 dimensions, c’est-à-dire de passer de la réalité à la géométrie et non de la géométrie à la réalité comme les systèmes « historiques » de synthèse d’images. Cette démarche de recherche se base sur la mise au point par XD Productions de nombreux algorithmes totalement originaux.

Concrètement, le procédé s’appuie sur une sorte de scanner géant, baptisé le cyberdôme, dans lequel  l’acteur évolue. Les différents jeux de l’acteur sont captés par des caméras multi-axes qui transcrivent, grâce à un logiciel, les personnages non pas en photographique mais en volumétrique.

Le film est donc ensuite réalisé avec un ordinateur. La caméra devient « virtuelle ».

Dans le projet du film, tous les éléments ne seront pas réalistes puisque certaines créatures ou autres accessoires seront créés en 3D « classique » avant d’être réintroduits dans les différentes scènes.

 

4) Vous allez produire un film utilisant ce nouveau procédé. Quels en sont les enjeux ? 

Jacques Peyrache :

Le premier enjeu est de rendre possible la mise à l’écran de scénarios qui seraient absolument « impraticables » dans une économie euro-péenne de production cinématographique. Pour donner un exemple, dans notre projet, il y a une scène où un troupeau de 500 éléphants attaque le héros… Il est bien évident que nous n’aurions pas eu la possibilité de le faire en cinéma classique !  Autre exemple que l’on peut voir sur notre site internet : une séquence du film montrent des archers chevauchant des oiseaux qui attaquent et kidnappent les héros.

 

Le 2ème avantage est que la fabrication d’un tel film se fait pour un montant inférieur au coût d’un film équivalent, même de qualité inférieure, réalisé avec des procédés traditionnels. Dans la mesure où au moment du tournage, on ne se soucie pas des décors ou autres freins habituels, on arrive à un métrage utile par jour très supérieur à celui d’un tournage « classique ».

Enfin, ce procédé permet une diffusion en ligne dans laquelle le spectateur devient un véritable utilisateur puisqu’il peut pénétrer dans le film et regarder ce qu’il s’y passe comme il veut et autant de fois qu’il veut !  C’est ce que l’on appelle le cinéma « immersif ». Cela permet d’instaurer une nouvelle relation entre le créateur d’images et l’utilisateur de ces images.

Nous sommes à l’heure actuelle encore dans une démarche interrogative plutôt que commerciale. Mais je pense que c’est là le véritable avenir du cinéma.

 

5) Parallèlement, vous mettez en place une formation. Pourquoi ? A qui s’adresse-t-elle ?

Alain Séraphine : Le projet de formation « préparation opérationnelle à l’emploi » devrait avoir lieu à Bry-sur-Marne début décembre. Elle s’adresse à des infographistes déjà qualifiés en 3D.  L’objectif est d’œuvrer à la constitution et à la mise en place d’une équipe de production pour la réalisation du long-métrage. Il s’agirait pour la première fois d’emmener des infographistes 3D à devenir des opérateurs du cinéma conventionnel.

L’Iloi, historiquement associé aux travaux de recherche de XD Productions et disposant d’une longue expérience de Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE), se charge actuellement de la finalisation du projet et du lancement de l’action.

Structuré en une école de l’image et des nouveaux médias disposant d’un cursus complet sur 5 ans, validé à la fois par des certifications de professionnels et des diplômes d’État (licence et Master), l’Iloi, depuis sa naissance, n’a cessé, avec un certain succès, de cultiver avec le monde de l’entreprise cette ingénierie pédagogique de formations opérationnelles, appliquées, préparant à l’emploi voire au mutations technologiques et professionnelles.

Au-delà des exemples menés auprès de Pipangaï, cette démarche faisant appel au dispositif POE a permis à de jeunes qualifiés, sortant à peine de l’école, de se préparer efficacement et d’être recrutés dans l’équipe de production de Adama, le premier long-métrage réalisé à La Réunion.

De même, cette même expérience de formation appliquée reproduite récemment a permis à 8 jeunes sans expérience de se former aux exigences d’une production en animation 2D numérique et d’être actuellement employés dans une production récemment lancée par la société « 2 minutes » à La Réunion.

La formation que nous mettons en place avec XD Productions est quant à elle ouverte notamment aux jeunes diplômés des écoles du RECA et encore en recherche d’expériences professionnelles. J’espère qu’ils sauront saisir cette opportunité qui leur est offerte. Cela d’autant plus qu’ils auront ainsi la possibilité de conforter et de valoriser leurs savoirs d’infographistes 3D, tout en s’ouvrant professionnellement, également au monde du cinéma.

 

Contacts : ILOI – Le Port – Ile de la Réunion – Tél : 00 262 262 43 08 81 – Site web : www.iloi.fr

XD Productions – Bry-sur-Marne – Tel : 01 49 83 42 90 – Site web : www.xdprod.com