HAUTS LES MOTS… ET LES IMAGES !

Cet été, TFOU a diffusé Les malheurs de Monsieur Renard, le film-lauréat de la 5ème édition du concours de scénario TFOU d’ANIMATION, co-organisée par TFOU et la SACD (voir e-RECA n°34, 32 et 31) et qui avait cette année pour thème « Haut les mots, bas les mains ». Le court-métrage (1’30’’) est encore accessible sur les plateformes partenaires du concours, et notamment sur la chaine Viméo du RECA.

 

Pour son interview de rentrée, e-RECA a rencontré les jeunes lauréats du concours : Anne-Lise Deffoux (29 ans) et Anton Likiernik (28 ans) pour leur scénario et Sarah Salard (22 ans), diplômée de l’École Georges Méliès, pour la réalisation du court-métrage.

Co-financée par la SACD et le groupe TF1 à hauteur de 18 000 €, la production du film avait débuté en mars 2019 chez Dandeloo, société de production et de distribution créée par Jean-Baptiste Wery et Emmanuèle Pétry-Sirvin, sous la direction de Marion Claret.

 

1) Quels sont vos parcours respectifs ?

Sarah : Après mon bac, j’ai d’abord suivi une année de prépa à l’Atelier de Sèvres avant d’intégrer l’école Georges Méliès où j’ai suivi le cursus Animation. J’ai réalisé mon film de fin d’études l’an dernier. En sortant de l’école, en juillet 2018, j’ai fait du story board pour les Culottées (ndlr : série d’animation développée par France Télévision), puis du chara design et du concept art pour Andarta Pictures à Valence. J’ai ensuite enchainé sur le concours Tfou.

 

 

 

Anne-Lise : J’ai fait l’école de la Cité du Cinéma de 2014 à 2016, promotion Alain Chabat, dans la section scénariste. J’ai eu depuis plusieurs expériences à la télévision et au cinéma, comme chez Scarlett Production ou Europa Corp. Je travaille actuellement chez Telfrance, en tant que rédactrice numérique : je rédige des contenus pour les réseaux sociaux et pour le site des séries du groupe (Demain nous appartient, Plus belle la vie, Nina, Candice Renoir…).

 

 

 

Anton : J’ai d’abord suivi des études d’ingénieur, mais j’ai vite compris que ce n’était pas vraiment ma voie… Après mon diplôme, j’ai donc intégré l’école de la Cité du Cinéma. C’est là que j’ai rencontré Anne-Lise et que nous avons commencé à travailler ensemble sur des projets. L’école est surtout basée sur la pratique. On nous apprend à « faire ». En sortant, je me suis dirigé vers le développement de projets audiovisuels. Enfin, au sein de Newen, j’ai travaillé sur des coproductions internationales puis, et c’est encore le poste que j’occupe aujourd’hui à temps partiel, sur le développement de formats numériques, autour notamment de Plus Belle la Vie.

 

 

2) Quelles étaient vos motivations en participant à ce concours et comment avez vous préparé votre candidature ?

Anne-Lise : Je connaissais des gens qui avaient déjà tenté ce concours les années précédentes et le challenge m’intéressait. Il faut dire que cette expérience apporte aussi une belle visibilité en tant qu’auteur. J’ai donc proposé à Anton, avec qui j’avais déjà travaillé, d’écrire ensemble un scénario. Nous ne connaissions ni l’un ni l’autre le secteur de l’animation mais nous étions très curieux !

Anton : Travailler à temps partiel me laisse du temps pour développer des projets personnels. Ce concours en faisait partie. Le thème, « Haut les mots, bas les mains », m’a beaucoup plu. Il est riche et fait écho à des problématiques actuelles. Avec Anne-Lise, nous avons très vite trouvé notre idée. La cible aussi (les 6-10 ans) était un véritable challenge. J’avais déjà fait parler des ados sur un projet de série, mais pas des enfants !

Sarah : J’avais appris l’existence de ce concours via Facebook, 5 jours avant la deadline ! Le projet me plaisait beaucoup… et même si je n’avais plus beaucoup de temps pour y répondre, le scénario me plaisait tellement que je me suis lancée ! Il y avait un vrai potentiel de mise en scène et pouvoir réaliser un court métrage en sortant de l’école était une vraie opportunité. Dans ce cas, en plus, il s’agissait d’un travail de commande, ce qui me permettait de rentrer dans des conditions de production réelles. J’étais aussi totalement libre dans le graphisme. Et surtout j’allais pouvoir mener à bien un projet dans sa totalité. A l’école j’avais beaucoup travaillé en groupe mais n’avais pas assisté à toutes les étapes de fabrication.

3) Comment avez-vous organisé votre travail ?

Anton : Après avoir été sélectionnés, nous avons rencontré Sarah et ensemble, nous avons remanié un peu le scénario. Côté organisation du travail, nous avons surtout échangé par mail. Nous avons également été invités à suivre les étapes intermédiaires de la production. Quand nous écrivions avec Anne-Lise, nous avions bien-sûr nos propres images en tête mais Sarah a su nous surprendre et surpasser nos attentes !

Anne-Lise : La candidature de Sarah était ma préférée, je la trouvais très originale ! Comme nous ne sommes pas des spécialistes de l’animation, les scènes que nous imaginions étaient beaucoup plus réalistes. C’est ce qui nous a aussi beaucoup intéressé dans ce concours. Chaque artiste a son propre univers et toutes les propositions étaient singulières. C’était amusant de voir comment notre « petite » idée pouvait inspirer des réalisateurs. Les idées de Sarah en termes de décors et de personnages nous ont tout de suite plu.

Sarah : C’est surtout à l’étape du story-board qu’il y a eu beaucoup d’allers retours entre nous. Il y a eu des ajustements à faire au niveau de la mise en scène. Parfois nous avons dû changer quelques petites choses pour garder du rythme. Ou dynamiser le film. C’est essentiel surtout dans ces formats très courts. Mais une fois que nous étions d’accord sur le board, tout a fonctionné sans retouche !

Anne-Lise : Anne-Sophie Perrine, la conseillère artistique à l’unité jeunesse de TF1 et responsable du projet (voir e-RECA n°31), a eu vraiment un rôle central. Elle faisait le lien entre toutes les personnes impliquées dans le projet et nous tenait au courant de toutes les étapes.

4) L’expérience a-t-elle répondu à vos espoirs et qu’en retiendrez-vous ? Avez-vous déjà de nouveaux projets ?

Sarah : L’expérience était vraiment très enrichissante, surtout avec Dandeloo, la société de production, qui m’a apporté tout son soutien. Et surtout un vrai accompagnement artistique, à toutes les étapes de la production, que ce soit pour le design, la mise en scène… Ils ont toujours été présents.

Les 3 mois que j’ai passés chez eux ont été très intenses. Je n’en retiens pas une chose précise mais vraiment l’ensemble du travail. Je n’avais jamais géré d’équipe et ça c’était nouveau pour moi. Et ça m’a plu ! C’est amusant de voir comment les autres membres de l’équipe interprètent les directives ou même comment, à partir d’un board, ils réalisent une animation. Comment l’animateur va rendre un plan encore plus dramatique ou encore plus drôle. Ce sont vraiment de bonnes surprises !

 Anne-Lise : En tant qu’auteur, on est assez habitués à faire des concours et à répondre à des appels à projets. La bonne surprise c’était en premier lieu d’être finalistes, on ne s’y attendait pas du tout ! J’ai aussi apprécié que nous soyons autant impliqués et que les producteurs de Dandelooo nous invitent à participer à la sélection des dossiers des réalisateurs ou encore aux sessions d’enregistrement des voix.

Anton : C’est peut-être ce qui nous a le plus surpris par rapport à l’univers de la fiction : dans ce concours d’animation, tout s’enchaine de manière très efficace et rapide. C’est agréable pour un auteur ! Ce projet nous a permis de découvrir le monde de l’animation. Et comme on a adoré l’expérience, nous allons sans doute travailler sur d’autres projets dans ce secteur.

Sarah : En ce qui concerne l’avenir, je vais prendre un peu de temps pour écrire mon 1er court métrage personnel. J’ai commencé le scénario il y a 2 ans mais je n’ai jamais eu le temps de le développer ou de chercher une société de production. Ensuite je chercherai des projets plutôt en story board ou en développement visuel. C’est ce qui m’intéresse le plus pour l’instant.