LA FETE DU COURT METRAGE : FAIRE DECOUVRIR LE COURT METRAGE PARTOUT EN FRANCE ET AU-DELA !

Issue de la fusion de « le Jour le plus Court » et « le Cinéma, c’est jamais trop court », la Fête du Court Métrage proposera la 4ème édition de sa nouvelle mouture du 25 au 31 mars prochain. Fait marquant pour le RECA : cet événement offrira, pour la première fois, une carte blanche aux écoles du réseau avec un programme composé de 18 films de fin d’études. Zoé Peyssonnerie est la Responsable depuis 2017 de la programmation, de la diffusion et du développement des publics de la Fête. Elle a répondu aux questions d’e-RECA.

 

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la Fête du Court Métrage ?

La Fête du Court Métrage est un évènement national et international qui se déroule sur une semaine « cinématographique » fin mars et qui a réuni 2 événements. L’un avait pour vocation de montrer des courts métrages. L’autre proposait divers stands pour découvrir et pratiquer le cinéma : atelier mash up, tournage en direct, tournage sur fond vert….

La Fête du Court Métrage a gardé l’idée de chacun de ces évènements avec un volet « voir » et un volet « faire ». Le volet « voir » se compose d’un catalogue de 180 films dont les droits ont été négociés en amont et accessibles à tous pendant la semaine de La Fête. Le volet « faire » est déployé avec 36 villes ambassadrices en métropole et outremer dans lesquelles nous allons chercher des associations pour animer des rencontres, des ateliers, des pratiques de découverte de l’image…

3 formules sont proposées – et même 4 avec le « off » :

Des programmes « classiques » d’1 heure et demi « clés en main » ou modulables.

Des programmes « commerciaux » à destination exclusive des salles de cinéma pour faire entrer le court métrage sur le grand écran.

Nous proposons également des unitaires : des films très courts, de 30’’ à 4’, qui vont venir agrémenter des premières parties de séances dans les salles de cinéma. L’année dernière par exemple, nous étions programmés dans 700 cinémas. Nous avons des accords avec les groupes CGR et UGC ainsi que dans de très nombreux cinémas Gaumont-Pathé. Bien sur, les indépendants sont très nombreux aussi à participer, naturellement ouverts au court métrage.

A ces 3 volets s’ajoute ce que nous avons appelé la programmation « off » : chacun peut rentrer ses films sur le portail de la Fête du Court et co-organiser des projections là où il le souhaite.

Nous travaillons énormément avec les scolaires, notamment via notre partenariat avec réseau Canopé. Nous éditons des programmes par tranches d’âges de 3 ans (entre 3 et 17 ans), afin d’avoir tout le panel du préscolaire à la terminale. Ils représentent 60% de nos organisateurs.  A côté de cela nous avons vraiment tous les types de structures : centres culturels, médiathèques, mais aussi hôpitaux, centres pénitenciers, bars culturels voire même des particuliers, notamment en milieu rural, dans des territoires dits « éloignés » de la culture. Nous avons déjà eu par exemple des personnes qui organisaient des projections dans leur grange ! Et ça fonctionne très bien !

Pourquoi avoir créé cet évènement ?

L’évènement émane d’une réelle volonté publique. En 2001, Eric Garandeau, alors directeur du CNC, crée le Jour le Plus Court, porté essentiellement par l’Agence du Court Métrage.

 

L’association « Faites des Courts Fête des Films » (FCFF) est créée en septembre 2015, de la volonté de mieux faire connaître le court métrage au plus grand nombre, et ce, en organisant une grande Fête ouverte à tous. C’est ainsi que naît en décembre l’évènement  « le Cinéma c’est jamais trop court ».

Le CNC a proposé de fusionner les 2 évènements pour organiser cette Fête du Court Métrage.

L’association FCFF regroupe les tribus du court métrage, les membres fondateurs sont rejoints par d’autres structures, et elle compte aujourd’hui parmi ses membres : l’Agence du Court Métrage, la SRF, le SPI, le FJPI Courts Devant le GREC, Unifrance, Carrefour des Festivals, Film France, le Film Français, Sauve qui Peut le Court Métrage, la Maison du Film et des membres d’honneur : son Roland NGuyen, ses vice-présidents Alain Rocca et Julie Gayet et sa Trésorière Anne Bennet.

Le court métrage est un acteur essentiel du cinéma. C’est la R&D du secteur ! Afin de le faire connaître il est nécessaire de l’événementialiser cela permet de rendre visible le format. En 2019, nous avons eu plus de 700 retombées presse sur l’évènement. Cela permet d’expliquer ce qu’est le court métrage et surtout d’en montrer le plus possible !

Le volet « faire » de l’évènement est aussi là pour créer des vocations autour des métiers du cinéma sur l’ensemble des territoires. Tout le monde connait le métier de comédien, de réalisateur ou de compositeur. Nous voudrions faire connaître d’autres métiers de l’image. Il suffit de regarder un générique de film pour voir à quel point sa fabrication est une oeuvre collective qui nécessite une longue liste de talents de tous genres.

Je me souviens comment moi-même j’avais découvert le métier de distributeur dans mon école de cinéma au cours d’une présentation par un professionnel. Et là j’ai pensé : mais c’est génial ce métier ! C’est ça que je veux faire ! Et je l’ai d’ailleurs fait pendant 5 ans

Nos villes « ambassadrices » de niveau 1 disposent d’un lieu avec des stands pour informer sur ces métiers.

 

La prochaine édition se tiendra à la fin du mois. Quels en seront les temps forts

Nous avons environ 13 000 séances ! C’est donc une exposition exceptionnelle. De nombreux évènements auront lieu un peu partout. Une journée de rencontre professionnelle est programmée par le ROC (regroupement des Organisations du Court), elle se tiendra au CNC. De nombreuses projections spéciales sont également prévus dans diverses villes, mais ce que nous voulons c’est que La Fête du court métrage soit, en soi, UN temps fort pour la diffusion du court métrage. Ceux-ci se déploient sur tout le territoire, portés par des Ambassadeurs, au nombre de 36 cette année qui crée l’évènement dans leur commune et alentours. La Fête est également porté par de très nombreux organisateurs présents dans 3 300 communes de France et dans 50 pays dans le monde.

 

 

Le RECA proposera pour la 1ère fois une sélection des films de ses écoles membres. Pourquoi avoir voulu mettre en avant des courts métrages d’étudiants ? 

En réalité nous en avons toujours eu. Et pour tout dire, lorsque je compose une programmation, je ne regarde pas si les films sont des films d’étudiants ou de professionnels ! Pour moi le film étudiant n’est pas une catégorie en soi. Il n’y a vraiment pas de distingo à faire d’autant plus que nous ne sommes pas un évènement compétitif.

Notre idée, en incluant les films étudiants, était aussi, bien évidemment, de faire découvrir de nouveaux talents. C’est aussi dans cet esprit que nous avons souhaité mettre en avant « Les talents » de la Fête du Court. Dans le court métrage, on voit plus fréquemment des premiers ou deuxièmes films de personnes qui, ensuite, vont vers des formats plus longs. Mais il y aussi des artistes qui continuent dans le court !

Je ne fais pas non plus de différence entre les genres de films. L’animation pour moi n’est de toute façon pas une catégorie mais une technique. Il peut y avoir de l’animation documentaire par exemple. En fait je « glisse » des œuvres d’animation un peu partout dans la programmation.

Nous avons cette catégorie « Amis du Court Métrage » qui sont des cartes blanches qui permettent de mettre en lumière des acteurs de la filière. Chaque année nous offrons également une carte blanche à un diffuseur. Donner une vitrine au RECA, c’était faire connaitre les écoles d’animation et montrer la pluralité de ce qu’elles proposent. Toujours notre volonté de faire découvrir aux jeunes des possibilités.

 

Qu’attendez-vous de cette édition 2020 ? Des projets pour l’édition suivante ? 

En 2020, nous avons beaucoup de projections… mais il faut aussi faire venir le public ! Nous aimerions pour cela proposer un accompagnement plus précis. Nous allons travailler plus étroitement avec les territoires. Essayer de toucher de plus en plus de communes. L’an dernier nous étions présents dans 3300 communes… C’est important pour nous d’aller toucher même – voire surtout – les plus petits villages. Pour cela nous travaillons avec le ministère de la Culture et son programme « Culture et Ruralité ».  Nous travaillons avec de nombreuses associations qui effectuent un immense travail sur le terrain : Bistrots de Pays, Foyers Ruraux de France, Famille Rurale … des acteurs qui connaissent très bien leur territoire. Et avec qui nous sommes en contact régulier. Dans les grandes villes, l’offre culturelle est large. C’est pourquoi nous voulons nous tourner vers de plus petites villes. Nous avons, par exemple, contacté l’association des Maires Ruraux de France en leur demandant de mettre à disposition du matériel. Notre modèle est celui de la Fête de la Musique. Nous aimerions que notre fête devienne un temps fort dans toutes les communes. La curiosité est vraiment au rendez-vous puisque que nous avons doublé en 3 ans le nombre de projections. Nous avons de plus en plus de communes et de communautés de communes qui viennent enrichir notre action.

Nous aimerions aussi nous ouvrir à l’international. Notre cinéma s’exporte très bien et nous en sommes fiers. L’an dernier, nous avons créé avec Unifrance le Prix du Distributeur : le lauréat est soutenu par Unifrance pour aller sur les territoires étrangers. De notre côté, nous donnons à ce distributeur une carte blanche dans notre programmation. En 2020, c’est la société Autour de Minuit qui a reçu ce prix et qui profite de La Fête pour sortir en salle un programme autour du réalisateur Rosto.

Nous travaillons déjà avec les Instituts Français et l’AEFE (association des établissements français à l’étranger). En 2019, nous étions déjà présents dans 35 pays dans lesquels nous organisons 400 projections. Le jour où nous pourrons, comme en France, accompagner des ambassadeurs à l’étranger : l’évènement risque d’exploser ! Ce n’est pas par hasard si nous sommes programmés en même temps que la semaine de la Francophonie. Mais pour ces actions-là, nous devons trouver des soutiens. Cette année, par exemple, nous organisons des projections avec l’ambassade de France au Venezuela, pour cela étant donné le contexte politique il est nécessaire de passer par valise diplomatique… Nous organisons également plusieurs projections à Taiwan malgré des problèmes de traduction. L’international demande un travail spécifique et chronophage. Mais le travail effectué avec les différents organismes français présents dans le monde devrait porter ses fruits bientôt. Nous avons encore devant nous de belles possibilités de croissance !

Contact : Zoé Peyssonnerie – E-mail : distribution<at>lafeteducourt.com  – Site web